Le Sénat de la République démocratique du Congo tient cette semaine l’un de ses plus importants exercices constitutionnels depuis des années. Après leur adoption par l’Assemblée nationale le 28 avril, les deux textes fondateurs de la nouvelle architecture diplomatique congolaise, l’accord avec le Rwanda et le partenariat stratégique avec les États-Unis sont maintenant transmis en commissions sénatoriales.
Le Sénat a transmis en commissions les projets de loi de ratification des accords RDC-Rwanda et RDC-USA. Un rapport est attendu dans les 72 heures.
La ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba défend les accords RDC-Rwanda et RDC-USA au Sénat. Sa présence devant la chambre haute dit l’importance de ce moment : il ne s’agit pas d’une ratification routinière mais d’un engagement diplomatique majeur qui lie le Congo à deux partenaires dont les intérêts ne coïncident pas nécessairement.
L’accord avec le Rwanda est particulièrement sensible. Des sénateurs de l’opposition et même de la majorité ont exprimé des réserves sur la concession implicite que représente la signature d’un accord de paix avec un pays dont des soldats se battent toujours sur le sol congolais, selon de nombreuses sources. Kayikwamba devra expliquer comment ces accords peuvent être mis en oeuvre alors que la frappe de Mushaki du 8 mai et les massacres d’Uvira prouvent que le cessez-le-feu reste une fiction sur le terrain.
Le partenariat stratégique avec les États-Unis, lui, recèle des clauses sur les minerais, la sécurité et les migrants dont certaines n’ont pas encore été pleinement explicitées publiquement. Le rapport des commissions sénatoriales, attendu dans 72 heures, sera un document politique majeur que les observateurs liront avec attention.





























