La Banque centrale du Congo (Banque centrale du Congo) a annoncé une série de mesures majeures visant à restructurer la circulation des devises dans le pays. Le gouverneur André Wameso a notamment confirmé l’interdiction progressive des transactions en espèces en devises étrangères à partir d’avril 2027.
Cette réforme s’inscrit dans une stratégie de lutte contre les flux financiers illicites, dans un contexte marqué par plusieurs saisies de sommes importantes en dollars à l’aéroport international de Ndjili.
L’objectif affiché par la Banque centrale est de réduire la circulation informelle du dollar dans l’économie congolaise et de renforcer la traçabilité des transactions financières. La RDC reste en effet fortement dollarisée, ce qui complique le contrôle monétaire et favorise certaines formes d’économie parallèle.
La mesure sera appliquée de manière progressive afin de permettre une adaptation des acteurs économiques et du système bancaire.
Parallèlement, la Banque centrale a décidé de réduire son taux directeur, qui passe de 15 % à 13,5 %. Cette baisse vise à soutenir le crédit et à stimuler l’activité économique dans un contexte de croissance fragile.
Ce signal d’assouplissement intervient alors que les autorités cherchent à équilibrer stabilité macroéconomique et relance économique.
Ces décisions font suite à plusieurs opérations de contrôle ayant permis la saisie de millions de dollars en espèces, souvent non déclarés. Ces incidents ont mis en lumière les failles du système de contrôle des flux financiers transfrontaliers.
La Banque centrale entend ainsi renforcer la transparence et limiter les circuits informels qui échappent à la régulation.
La forte dépendance du pays aux devises étrangères reste un défi majeur pour la politique monétaire. La dollarisation de l’économie limite l’efficacité des instruments classiques de régulation.
Dans ce contexte, la réforme annoncée constitue une étape importante vers une meilleure souveraineté monétaire, même si sa mise en œuvre progressive sera déterminante pour éviter des perturbations économiques.
Entre contrôle accru des devises et relance monétaire, la Banque centrale tente un équilibre délicat. Le succès de ces mesures dépendra de leur application effective et de la capacité du système bancaire à absorber cette transformation.
Dans un environnement économique encore fragile, ces réformes pourraient redéfinir en profondeur les pratiques financières en République démocratique du Congo.






























