Le chronomètre s’est figé sur 1h59’30”. Et le monde de l’athlétisme n’a plus jamais été tout à fait le même.
Le Kényan Sabastian Sawe, 29 ans, est devenu le premier athlète à courir un marathon en moins de deux heures, dimanche 26 avril, à Londres, où il a conservé son titre. Derrière lui, l’Éthiopien Yomif Kejelcha, lui aussi passé sous les deux heures, et l’Ougandais Jacob Kiplimo ont signé une course historique.
Sawe a amélioré le précédent record du monde de plus d’une minute, pulvérisant le chrono de Kelvin Kiptum. Il a franchi le semi-marathon en 1h00’29 avant de placer une accélération stratosphérique dans le second demi, réalisant un négatif split avec un deuxième semi en 59’01.
Adidas revendique, grâce à sa chaussure de compétition, 1,6 % d’économie de course. La question technologique s’est invitée au banquet : peut-on encore comparer Sawe à Gebrselassie ou Dennis Kimetto ? Sans compter qu’à chaque fois qu’un mur tombe aussi brutalement, le vieux démon de la suspicion s’invite. C’est injuste pour Sawe, peut-être, mais c’est le prix à payer pour des décennies de mensonges et de rêves brisés par les affaires de dopage.
Sabastian Sawe est invaincu sur ses quatre marathons en carrière. Dans un pays régulièrement touché par des scandales de dopage, Sawe s’est démarqué par sa transparence en invitant l’AIU à effectuer autant de contrôles qu’elle le souhaitait avant le Marathon de Berlin. Il a volontairement subi 25 contrôles en l’espace de huit semaines, une démarche saluée par l’ensemble du monde de l’athlétisme.
Ce qui s’est passé le 26 avril à Londres est africain dans son essence. Trois des quatre premiers à franchir la ligne d’arrivée venaient d’Afrique de l’Est. La domination kényane et éthiopienne sur les courses de fond n’est plus une surprise : c’est la règle depuis des décennies. Mais briser le mur des deux heures en conditions officielles, c’est autre chose. C’est entrer dans l’histoire.






























