Marrakech a vibré aux sons du futur numérique africain. La 4e édition du Gitex Africa Morocco a réuni, autour du thème “Redéfinir la souveraineté à l’ère de l’intelligence artificielle”, des ministres africains et européens déterminés à construire un partenariat technologique fondé sur l’éthique, le partage d’expertise et une approche centrée sur l’humain.
Au cœur des débats : la question de qui contrôle les données du continent africain. Car dans le monde numérique actuel, la donnée est le nouveau pétrole. Et l’Afrique, continent le plus jeune et le plus connecté du monde, produit des quantités considérables de données — qui échappent souvent à la maîtrise des États africains pour alimenter les serveurs de géants technologiques étrangers.
La ministre déléguée marocaine Amal El Fallah Seghrouchni a annoncé le lancement des études techniques pour la construction à Dakhla d'”Igouda”, présenté comme le futur plus grand data center d’Afrique, avec une capacité prévue de 500 mégawatts à l’horizon 2030. Ce complexe sera entièrement “green”, alimenté par des énergies renouvelables et refroidi grâce à l’eau de l’Atlantique.
En marge du forum, le Gabon a signé un protocole d’accord avec l’Agence de Développement du Digital marocaine, ouvrant des perspectives concrètes de coopération Sud-Sud en matière de cybersécurité et d’infrastructures numériques.
Ce qui se joue à Marrakech dépasse la technologie : c’est l’Afrique qui négocie sa place dans l’ordre mondial de l’information. Les ministres africains ont signé la Déclaration d’Alger pour unifier les réseaux du continent, un geste symbolique mais porteur d’une ambition réelle : construire une Afrique numériquement souveraine.






























