La nouvelle est passée en quelques lignes dans les fils d’actualité. Cinq morts. Des affrontements entre jeunes. À Mangobo, commune populaire de Kisangani. Cinq personnes ont perdu la vie à Mangobo, à Kisangani, dans des affrontements entre groupes de jeunes. Le retour au calme a été obtenu après l’intervention des forces de l’ordre, selon les autorités locales.
Ce type d’information , un “fait divers” de la presse locale, que les rédactions pressées expédient en trois phrases mérite qu’on s’y arrête. Pas pour alimenter une statistique de violence, mais pour comprendre ce qu’il dit d’une réalité sociale que les grands discours politiques ignorent souvent.
Kisangani est la troisième ville de la RDC, chef-lieu de la province de la Tshopo, au cœur du bassin du Congo. Ville universitaire, ville fluviale, ville de commerce et ville où des dizaines de milliers de jeunes hommes vivent dans un dénuement que l’expression “sans perspectives” ne suffit pas à décrire. Pas d’emploi. Pas de formation professionnelle accessible. Pas de structure sportive. Pas d’espace de socialisation positive. Juste le quartier, le groupe, et la loi informelle qui y prévaut.
La campagne de vaccination en cours dans onze provinces confirme que l’État est capable de mobiliser des ressources pour des urgences sanitaires. Mais les urgences sociales, jeunesse sans emploi, violence urbaine, désœuvrement structurel n’ont pas de “PEV” qui leur soit dédié.
Cinq morts à Mangobo. Ils avaient un âge, des noms, des familles. Ils font partie des milliers de jeunes Congolais que le pays ne voit pas quand il compte ses richesses minières. La vraie richesse d’une nation, c’est sa jeunesse. Et cette jeunesse-là mérite mieux qu’un entrefillet dans les faits divers.





























