En quarante-huit heures, le détroit d’Ormuz a été ouvert, menacé de refermeture, et disputé dans les déclarations contradictoires de Téhéran et Washington. Ce vendredi 17 avril, la géopolitique mondiale a vécu l’une de ses journées les plus denses de l’année 2026.
Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a annoncé ce vendredi la réouverture complète du détroit d’Ormuz pour la durée restante du cessez-le-feu. “Conformément au cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d’Ormuz est déclaré entièrement ouvert”, a-t-il écrit sur son compte X.
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin à minuit heure locale dans les deux pays, condition posée par Téhéran pour la réouverture du détroit.
La réaction des marchés a été immédiate. Vers 11h30 vendredi, le prix du baril de Brent perdait 2,41 % à 96,99 dollars, et le WTI tombait de 3,03 % à 91,82 dollars. Des chiffres qui traduisent le soulagement des traders, mais aussi la fragilité d’une situation qui pourrait se retourner à tout moment.
Car l’annonce iranienne a immédiatement été contredite par un porte-parole de la présidence. Seyyed Mohammad Mehdi Tabatabaei a qualifié les affirmations de Trump de “déclarations infondées de l’ennemi” visant à “priver la nation iranienne de la fierté de ses victoires”. Il a précisé que “la réouverture conditionnelle et limitée d’une partie du détroit d’Ormuz est une initiative exclusivement iranienne”.
Trump de son côté s’est empressé de s’attribuer la victoire sur Truth Social : “Maintenant que la crise du détroit d’Ormuz est terminée, j’ai reçu un appel de l’OTAN me demandant si nous avions besoin d’aide. Je leur ai dit de rester à l’écart.”
Et le lendemain, samedi 18 avril, l’Iran a menacé de refermer le détroit si les États-Unis maintenaient leur blocus des ports iraniens.
Cette valse en quarante-huit heures illustre l’état réel de la “paix” en cours de négociation : fragile, conditionnelle, disputée dans son interprétation même. Le détroit d’Ormuz est ouvert. Et il peut se refermer demain. L’économie mondiale, suspendue à ce point d’eau de 34 kilomètres, n’a pas encore retrouvé sa respiration normale.





























