L’Arctique, décidément, ne cesse d’agiter les chancelleries. Donald Trump a ajouté un nouvel épisode à sa saga groenlandaise : des droits de douane pouvant grimper jusqu’à 25 % sur les produits de huit pays européens, tant que le Danemark refusera de céder ce territoire autonome aux États-Unis.
Les dirigeants européens ont promis de rester unis après que Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane tant que le Danemark refuserait de céder le Groenland. Ursula von der Leyen a averti que “les droits de douane mineraient les relations transatlantiques et risqueraient de déclencher une dangereuse spirale descendante”.
Emmanuel Macron a été particulièrement direct : “Aucune intimidation ni menace ne saurait nous influencer, ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs dans le monde. Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée.” Le président français entend activer l’instrument anticoercition de l’UE, un outil pensé comme un “bazooka” économique permettant de limiter les importations provenant d’un pays qui use de pressions commerciales illégitimes.
L’été dernier, l’UE et les États-Unis avaient conclu un accord portant les droits de douane sur les produits européens à 15 %, soit un triplement en échange de l’engagement américain en Ukraine. Bruxelles avait reconnu que c’était “le prix à payer pour la stabilité mondiale”. De nouvelles surtaxes remettent en cause cet équilibre laborieusement construit.
Ce qui se joue autour du Groenland est plus profond que le territoire lui-même. C’est la question de savoir si les règles du commerce international et de la coopération entre alliés ont encore un sens quand un président américain décide d’en faire des instruments de pression géopolitique brute. L’Europe a dit non. Elle devra maintenant démontrer que ce non a des conséquences.






























