Il y a quelques semaines, Donald Trump promettait une guerre propre, rapide, décisive. La réalité du terrain commence à sérieusement contrarier ce scénario. Cinq jours après le déclenchement des bombardements, un flou entourait déjà les objectifs poursuivis par Washington et Tel-Aviv. L’élimination du guide suprême Ali Khamenei avait marqué une rupture historique dans les premières heures.
Pour l’historien Pierre Razoux, spécialiste du Moyen-Orient, la situation est limpide : Donald Trump s’est fait vendre par Benyamin Netanyahou l’idée d’une guerre courte. Et aujourd’hui, il s’aperçoit que ce ne sera pas le cas. Plus le temps passe, plus ça va devenir compliqué pour la Maison Blanche. Le scénario de l’enlisement du conflit est, de loin, le plus probable.
Qui tire profit de cette guerre ? C’est davantage Netanyahou qui engrange les gains : il a torpillé tout accord Iran-États-Unis, éliminé “la tête de la pieuvre” et considérablement affaibli le programme nucléaire et balistique iranien. “C’est un carton plein !”, résume Pierre Razoux.
Pendant ce temps, les ex-otages français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis 2022, ont été libérés et sont en route vers la France. Emmanuel Macron a salué leur libération, signe que des canaux diplomatiques discrets n’ont jamais été totalement fermés.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que l’Iran avait la “volonté nécessaire” de mettre fin au conflit, mais cherchait des garanties qu’un tel conflit ne se reproduirait pas. Entre les déclarations de guerre et les murmures diplomatiques, une issue reste possible, mais à quel prix humain, pour l’Iran, pour Israël, et pour un monde qui subit les contrecoups d’une guerre dont il n’a pas voulu ?




























