Trente-quatre millions de dollars. C’est le montant estimé des marchés publics irréguliers dans le seul cadre du FRIVAO, le Fonds de reconstruction et d’infrastructure des voiries et ouvrages de Kinshasa. Un chiffre qui donne le vertige, mais qui, dans la RDC de 2026, ne surprend malheureusement plus personne.
Le CREFDL estime à 34,6 millions USD les marchés publics irréguliers liés au FRIVAO et appelle la justice à remonter jusqu’au premier décaissement des fonds. Le Centre de Recherches en Finances Publiques et Développement Local a publié cette évaluation après plusieurs mois d’enquête sur les procédures d’attribution des marchés de voirie à Kinshasa.
Les irrégularités documentées comprennent : des marchés attribués sans appel d’offres, des prix surfacturés par rapport aux standards du marché, des travaux partiellement ou mal exécutés pour lesquels le paiement intégral a néanmoins été effectué, et des contrats accordés à des entreprises sans référence technique vérifiable.
Ce rapport arrive dans un contexte particulier. La RDC vient de conclure avec succès une émission d’eurobonds de 1,25 milliard de dollars. Le président Tshisekedi a lancé une grande Conférence nationale sur les infrastructures en avril. La réforme des marchés publics est affichée comme une priorité. Et pendant ce temps, 34,6 millions de dollars de fonds publics destinés aux routes de Kinshasa auraient été gaspillés ou détournés.
Cette contradiction entre l’ambition affichée et la réalité documentée est le nerf de la gouvernance congolaise. Elle ne sera résolue que par une chaîne judiciaire qui ose vraiment suivre l’argent jusqu’au bout, y compris quand cela mène à des personnes protégées. Le CREFDL demande que la justice remonte jusqu’aux premiers décaissements. C’est là que les décisions ont été prises. C’est là que les responsabilités se trouvent.





























