La scène a surpris plus d’un observateur. Ces dernières semaines, le président Félix Tshisekedi multiplie les gestes symboliques pour réhabiliter la figure de Mobutu — du port de la tenue léopard aux visites d’exposition. Cette stratégie viserait à capter la nostalgie nationale et à s’ancrer dans l’histoire politique de la RDC, tout en cherchant à renforcer son propre pouvoir.
Cette réhabilitation d’un dictateur responsable de pillages systématiques et de répressions sanglantes ne manque pas de faire réagir. Des voix s’élèvent parmi la société civile pour dénoncer ce qu’elles qualifient de réécriture de l’histoire. D’autres, nombreux dans les couches populaires, conservent de Mobutu le souvenir d’une époque où le Congo existait sur la carte du monde.
La question d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi alimente les débats politiques depuis plusieurs semaines, et certains constitutionnalistes estiment que les lois peuvent évoluer. Dans ce contexte, le rapprochement symbolique avec l’héritage de Mobutu prend une tout autre dimension.
Pour beaucoup de Congolais, cette stratégie est révélatrice d’un pays où le passé autoritaire n’est jamais vraiment enterré, mais instrumentalisé au gré des ambitions présentes. La question qui hante désormais les cercles politiques de Kinshasa : jusqu’où ira Tshisekedi dans cette réappropriation symbolique du mobutisme ?





























