Il devait marquer un tournant. L’accord de Washington, signé en décembre 2025 sous l’égide des États-Unis, était présenté comme la clé d’une sortie de crise dans l’est de la République démocratique du Congo. Quatre mois plus tard, les faits observés sur le terrain indiquent une violation persistante de cet accord : maintien de la présence militaire rwandaise à l’Est de la RDC, activités continues du M23 dans plusieurs zones stratégiques, et poursuite des affrontements qui illustrent l’échec du cessez-le-feu.
Ce lundi 7 avril, la réalité est brutale. Des affrontements violents ont déplacé des milliers de personnes au Sud-Kivu, tandis que les ADF et la LRA multiplient les enlèvements d’enfants à l’Est et au Nord du pays. Des scènes de chaos que les habitants de la région connaissent hélas depuis trop longtemps, mais qui atteignent aujourd’hui une nouvelle intensité.
Dans le groupement de Bijombo, territoire d’Uvira, les localités de Muramvya, Masata, Nyakirango, Irango et Kajembwe figurent parmi les zones les plus touchées. Les combats impliquent les FARDC appuyées par des éléments burundais et des milices Wazalendo, contre les combattants de Twirwaneho affiliés au M23.
Le ministre de la Défense Guy Kabombo a tiré la sonnette d’alarme sur la triple menace que représentent les ADF, le M23 et d’autres groupes armés, malgré des opérations de sécurisation intensives. Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont sanctionné en mars 2026 l’armée rwandaise et certains de ses hauts responsables, estimant que le soutien au M23 constitue une violation directe des engagements pris.
Pour les populations civiles, ces joutes diplomatiques sonnent creux. À Bijombo, des familles entières fuient sans rien emporter, cherchant refuge dans des conditions précaires. Les humanitaires alertent sur la saturation des sites de déplacement. L’est de la RDC attend toujours sa paix promise.




























