L’est de la République démocratique du Congo replonge dans l’horreur. Le 24 mars, au moins 40 creuseurs artisanaux ont été tués dans le carré minier de Karhembo, au Sud-Kivu. Une attaque attribuée aux rebelles de l’AFC-M23, selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).
Les faits sont d’une brutalité glaçante. Des hommes non armés. Des travailleurs précaires. Tous auraient été exécutés après avoir réclamé près de cinq mois de salaires impayés. Une revendication simple, dans une zone où l’exploitation minière rime souvent avec abus et absence de droits.
Pour justifier ces exécutions, les rebelles évoquent la présence supposée de combattants « Wazalendo » infiltrés parmi les creuseurs. Une version contestée par plusieurs sources locales. Des témoins parlent, eux, d’une répression violente contre des civils sans défense.
Le bilan reste flou. Le KST fait état d’au moins 40 morts et 14 blessés. D’autres sources avancent un chiffre inférieur. Mais sur le terrain, une certitude domine : la peur s’est installée.
Depuis le drame, le site de Karhembo s’est vidé. Les creuseurs fuient. L’activité minière ralentit. L’économie locale vacille. « Plusieurs ont quitté la zone pour survivre », confie un acteur de la société civile. Dans le même temps, de nouveaux civils seraient recrutés pour maintenir l’exploitation, malgré les risques.
L’armée congolaise a condamné ces tueries. Sans effet immédiat. Car au-delà des chiffres, ce massacre révèle une réalité plus profonde : celle d’un territoire où les ressources attisent les violences, et où les civils paient le prix fort.
À Karhembo, comme ailleurs dans l’est du pays, extraire des minerais peut désormais coûter la vie.





























