Le conflit au Soudan connaît une escalade inquiétante. Depuis le début de l’année 2026, les deux camps en guerre ont intensifié l’utilisation de drones pour cibler des zones résidentielles et des infrastructures civiles, provoquant des pertes humaines massives et une destruction généralisée.
Selon les données du Armed Conflict Location and Event Data Project et des sources locales, cette stratégie militaire s’appuie de plus en plus sur des drones suicides et des munitions rôdeuses. Plusieurs villes des régions du Darfour et du Kordofan sont désormais décrites comme de véritables champs de bataille, où les civils se retrouvent en première ligne.
Les estimations compilées par Sudan Tribune font état d’un bilan particulièrement lourd : entre 480 et 500 personnes tuées directement par des frappes de drones visant des cibles civiles depuis janvier, et plus de 1 200 blessés. Ces chiffres témoignent d’une intensification rapide et préoccupante des violences.
Parmi les attaques les plus meurtrières, une frappe contre l’hôpital universitaire d’Ed Daein, dans le Darfour-Est, a causé la mort de plus de 70 personnes, dont des femmes, des enfants et du personnel médical, selon Organisation des Nations unies. L’attaque a également gravement endommagé une infrastructure de santé essentielle dans une région déjà en crise.
Les Nations unies estiment que plus de 500 civils ont été tués dans des frappes similaires à travers le pays depuis le début de l’année. Cette tendance soulève de vives inquiétudes quant au respect du droit international humanitaire et à la protection des populations civiles.
Dans un contexte de guerre prolongée, l’usage accru de drones marque un tournant dans la conduite des hostilités au Soudan. L’absence de distinction entre cibles militaires et civiles, conjuguée à l’intensification des combats, fait craindre une aggravation rapide de la crise humanitaire dans les mois à venir.





























