Islamabad n’est pas une ville habituée à ce rôle. Mais ce samedi 11 avril, la capitale pakistanaise est devenue le théâtre des négociations les plus importantes de la décennie. Les négociations directes entre Iraniens et Américains ont démarré au Pakistan. Les délégations américaine, iranienne et pakistanaise mènent des discussions trilatérales en face-à-face. Côté américain, la délégation est dirigée par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner. L’Iran est représenté par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
L’enjeu est considérable. Au terme de plus de cinq semaines de guerre, les États-Unis avaient conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième de la production pétrolière mondiale.
Mais derrière cette trêve de façade, les tensions demeurent vives. Les médias iraniens ont dénoncé des “demandes excessives” de la délégation américaine concernant le détroit d’Ormuz, ainsi que des “exigences inacceptables” sur plusieurs autres dossiers.
Le bilan humain au Liban, parallèlement, s’alourdit : les frappes israéliennes ont fait plus de 2000 morts depuis début mars. Israël et le Liban doivent entamer des discussions la semaine prochaine à Washington.
Au fond, ce qui se joue à Islamabad, c’est la réponse à une question simple : Donald Trump est-il capable de transformer une guerre catastrophique et non planifiée en succès diplomatique présentable ? Pour l’heure, la réponse reste suspendue entre deux avions de chasse et une table de négociation.






























