À l’approche de nouvelles discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23 en Suisse, la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo demeure extrêmement volatile. Au Sud-Kivu, les combats ne diminuent pas : ils se sont déplacés, densifiés et intensifiés au cours des trois derniers mois.
Après avoir exercé un contrôle sur Uvira depuis décembre, l’AFC/M23 s’est retiré sous pression internationale. Mais ce retrait n’a pas produit de désescalade durable.
Au contraire, les affrontements se sont redéployés vers des espaces plus difficiles d’accès et militairement sensibles : les hauts plateaux.
Depuis janvier, les principales hostilités se concentrent dans les territoires de :
- Fizi
- Mwenga
- Uvira
- Kalehe
Ces zones possèdent une importance stratégique : relief favorable aux positions défensives, routes d’accès limitées, proximité de plusieurs axes locaux et présence de multiples groupes armés.
Le conflit devient plus complexe à lire. Il n’oppose pas seulement deux camps clairement identifiés, mais une mosaïque d’acteurs : groupes rebelles, forces régulières, milices locales et alliances fluctuantes.
Cette fragmentation accroît l’imprévisibilité des affrontements et complique toute médiation.
Les zones touchées restent particulièrement difficiles à documenter. L’enclavement, l’insécurité et le contrôle territorial morcelé freinent l’accès des humanitaires, des journalistes et des observateurs indépendants.
Conséquence : déplacements de populations, vulnérabilité accrue des civils et visibilité réduite sur l’ampleur réelle de la crise.
Le contraste est net entre la diplomatie et la réalité militaire. Alors que des discussions sont envisagées en Suisse, les combats sur le terrain modifient sans cesse les rapports de force.
Dans ce contexte, toute initiative politique devra composer avec une donnée essentielle : au Sud-Kivu, la guerre reste active et en mutation constante.





























