Serge Mayamba, proche du cercle présidentiel, a mis en garde publiquement : “On pousse Tshisekedi dans un piège”, en référence aux manoeuvres autour de la révision constitutionnelle.
Ce cri d’alarme venant de l’intérieur dit quelque chose d’important. La révision constitutionnelle qui agite la classe politique congolaise depuis plusieurs semaines n’est pas seulement combattue par l’opposition. Elle inquiète aussi des personnalités qui soutiennent Tshisekedi mais qui voient dans cette démarche une erreur stratégique majeure.
L’argument de Mayamba est simple et redoutable : vouloir modifier la Constitution pour permettre un troisième mandat, c’est offrir à toute l’opposition, à la société civile, aux partenaires internationaux, et même à une partie de la majorité, un motif de mobilisation légitime et puissant. Ce faisant, le président risque de transformer ce qui était un capital politique solide en vulnérabilité.
Une Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution, emmenée par Steve Mbikayi, réunit des partisans du projet, affirmant “Le peuple est avec nous”.
En face, la Coalition C64, regroupant 64 partis et organisations politiques, se constitue pour barrer la route à tout projet de révision constitutionnelle.
Ce face-à-face dit que la RDC entre dans une phase politique explosive, superposée à une urgence sanitaire Ebola et à une guerre qui ne finit pas à l’Est. Pour Tshisekedi, gouverner dans ce contexte multiple exige une maestria politique que ses adversaires parient qu’il n’a pas. Pour ses partisans, ce défi est précisément ce qui forgera son héritage.





























