Dans les salles feutrées des forums énergétiques internationaux, un nom revient de plus en plus souvent : Grand Inga. Au forum Invest in African Energy 2026, le ministre de l’Hydraulique Molendo Sakombi a plaidé pour que la RDC transforme son immense potentiel énergétique en production réelle. Le message était clair : le Congo n’est pas seulement un pays riche en minerais, c’est aussi le château d’eau de l’Afrique, et cette ressource peut changer la donne énergétique continentale.
Le fleuve Congo, avec un débit moyen de 41 000 mètres cubes par seconde, est le deuxième fleuve le plus puissant du monde après l’Amazone. Le site d’Inga, au Bas-Congo, est naturellement prédestiné à accueillir la plus grande centrale hydroélectrique jamais construite. Les études techniques confirment un potentiel de 100 000 mégawatts, soit deux fois la production électrique totale de l’Afrique actuelle. De quoi alimenter toute l’Afrique subsaharienne, et potentiellement exporter vers l’Europe.
Ce projet fascine les investisseurs depuis des décennies. Il a été promis, relancé, abandonné, renégocié. Inga I et Inga II fonctionnent mais à des niveaux bien en dessous de leur capacité. Inga III, le projet pharaonique qui changerait tout, attend encore.
Dans le contexte actuel, guerre en Iran qui perturbe les marchés pétroliers, transition énergétique mondiale accélérée, pénurie de capacité électrique qui freine le développement industriel africain, Grand Inga n’est plus seulement un projet de développement. C’est un argument géopolitique de premier ordre. La RDC en est consciente. La ministre Arlette Bahati a simultanément plaidé à Washington pour la préservation des forêts tropicales, l’autre grand actif environnemental du pays.
Ce double argumentaire, énergie hydraulique et séquestration carbone donne à la RDC une posture inédite dans les négociations sur la transition écologique mondiale. Un pays qui peut à la fois produire de l’énergie propre et préserver les poumons de la planète mérite une attention internationale que Kinshasa commence enfin à savoir réclamer.




























