Les guerres les plus déchirantes sont celles que l’on se livre entre alliés. le mercredi 15 avril, la scène politique kinoise offre l’image d’une majorité présidentielle qui se mord la queue. D’un côté, le député Laddy Yangotikala Senga qui a déposé une motion de défiance contre le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. De l’autre, son propre parti politique qui le désavoue publiquement.
Le parti AFDC-A a désavoué deux de ses députés et exigé le retrait de la motion de défiance contre Jacquemain Shabani, tandis qu’une pétition parlementaire s’organise parallèlement autour du dossier sécuritaire de Kinshasa. Un spectacle de cacophonie institutionnelle qui n’échappe à personne.
Lady Yangotikala a démissionné de l’AVRP après la polémique sur cette motion de défiance, révélant à quel point les tensions internes à la majorité sont désormais à fleur de peau. Derrière ce bras de fer se cachent des réalités concrètes : Kinshasa suffoque sous une insécurité croissante, les braquages se multiplient, les quartiers populaires vivent dans la peur permanente, et les citoyens ne savent plus à quelle porte se tourner.
La motion de défiance contre Jacquemain Shabani avait été déposée avec l’insécurité à Kinshasa comme argument principal. C’est sur ce terrain que le débat est légitime, et c’est sur ce terrain que les responsables politiques devraient se battre, non pas pour se neutraliser entre eux, mais pour proposer des réponses concrètes aux habitants d’une ville de 17 millions d’âmes qui attendent que l’État leur garantisse la sécurité la plus élémentaire.
Par ailleurs, la RDC entend renforcer son poids diplomatique au Forum d’Antalya 2026, signe que Kinshasa continue de jouer sur plusieurs tableaux simultanément, l’intérieur qui s’embrase et la diplomatie internationale que l’on soigne. Reste à savoir si ces deux fronts peuvent être tenus de front, ou si l’un finira par dévorer l’autre.





























