Le Sénégal vient de célébrer le deuxième anniversaire de l’accession au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Mais les festivités officielles tranchent avec l’agitation sociale qui secoue le pays. La grève des transporteurs se poursuit et s’intensifie. Malgré une réunion entre les syndicats et le ministre des Transports Yankhoba Diémé, les négociations ont tourné au fiasco. Le mouvement a été prolongé de trois jours supplémentaires dans plusieurs localités, perturbant profondément le quotidien des populations, notamment dans la banlieue dakaroise et les régions.
Des milliers de travailleurs, d’élèves et de patients se retrouvent otages d’un conflit social qui s’enlise. Dans la banlieue de Dakar, où les transports en commun constituent la seule option de mobilité pour des centaines de milliers de personnes, la situation frôle l’asphyxie. Les marchés se vident, les écoles se désertent, les urgences médicales se compliquent.
Des tensions secouent par ailleurs l’intérieur de la coalition au pouvoir, avec des exclusions de membres et des critiques sur la gestion interne du parti.
Ce double défi — contestation sociale dans la rue, turbulences politiques au sommet — illustre la complexité de gouverner un Sénégal en attentes élevées. La rupture promise avec les pratiques de l’ancien régime tarde à se matérialiser dans le quotidien des plus vulnérables.





























