La transformation numérique de l’administration franchit une nouvelle étape en Mauritanie. Les autorités ont engagé un projet visant à digitaliser entièrement les démarches liées à l’obtention du permis de conduire. L’objectif est clair : simplifier les procédures administratives et rendre les services publics plus accessibles aux citoyens.
Ce chantier a été examiné lors d’une réunion de travail organisée le 10 mars 2026 entre Ahmed Salem Bede, ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, et Ely Ould Veirek, ministre de l’Équipement et des Transports. Les deux responsables ont assisté à une présentation technique du dispositif actuellement en préparation.
Le futur système prévoit une numérisation complète du processus. Les candidats pourront effectuer leur inscription en ligne. Les étapes administratives seront automatisées. Les examens et la délivrance du permis seront également intégrés à une plateforme numérique sécurisée. Cette approche vise à réduire les démarches physiques et à limiter les interventions humaines, souvent sources de lenteurs administratives.
Le permis de conduire digital s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des services publics. Cette initiative intervient peu après le lancement de « Khdamati », un portail national destiné à centraliser les démarches administratives en ligne. Cette plateforme regroupe déjà plusieurs centaines de services destinés aux citoyens.
Parmi ces services figurent notamment l’immatriculation des véhicules, le système numérique du trafic routier, la création d’entreprise, l’inscription universitaire et la délivrance du casier judiciaire. Au total, près de 800 procédures administratives devraient progressivement être intégrées à ce portail.
Cependant, la réussite de cette transformation dépendra de plusieurs facteurs. L’accès à Internet reste encore limité pour une partie de la population. Selon les données publiées par DataReportal, environ 2 millions de Mauritaniens utilisaient Internet à la fin de l’année 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.
Les infrastructures télécoms constituent également un défi. D’après les statistiques de l’UIT, la couverture 3G atteignait 43,9 % en 2022, tandis que la 4G couvrait environ 34,7 % du territoire. En revanche, le réseau 2G reste largement accessible, couvrant près de 97 % de la population.
L’équipement numérique progresse néanmoins. La Banque mondiale estime que plus de la moitié des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone en 2024.
Dans ce contexte, le projet de permis numérique représente un test important pour l’avenir de l’e-gouvernement en Mauritanie. Sa réussite dépendra autant de la qualité des infrastructures que de la capacité des citoyens à s’approprier ces nouveaux services numériques.






























