À Libreville, une fibre naturelle autrefois associée aux traditions ancestrales connaît une nouvelle destinée. Grâce au talent du styliste Chouchou Lazare, le raphia s’impose aujourd’hui comme un matériau de création audacieux dans l’univers de la mode contemporaine.
Dans son atelier, les fibres de raphia sèchent patiemment au soleil avant d’être transformées en pièces uniques. Bustiers structurés, robes volumineuses et jupes aériennes prennent forme entre les mains du créateur. Pour lui, cette matière végétale ne représente pas seulement un tissu, mais un symbole fort du patrimoine culturel gabonais.
Passionné depuis son enfance, Chouchou Lazare découvre très tôt la couture aux côtés de sa mère. À seulement neuf ans, il s’initie déjà à l’art de l’aiguille et du fil. Autodidacte, il développe ensuite sa propre technique pour travailler le raphia et en révéler toute la finesse. Inspiré par de grandes figures de la mode comme Karl Lagerfeld, il forge progressivement une signature stylistique originale, mêlant tradition africaine et modernité.
Au Gabon, le raphia possède une forte dimension symbolique. Jadis réservé aux élites et aux cérémonies traditionnelles, il occupe encore une place importante dans les rituels culturels et spirituels. Le styliste souhaite désormais l’ouvrir à un public international.
Son travail a déjà été salué lors d’événements de mode en Europe, notamment à la Biennale internationale de design de Saint-Étienne. Aujourd’hui, Chouchou Lazare poursuit son ambition : faire du raphia un ambassadeur du savoir-faire gabonais sur les podiums du monde.




























