Il y a des journées où la guerre congolaise dit son vrai visage avec une brutalité sans détour. Le 8 mai 2026 en est une. Ce jour-là, dans la localité de Mushaki, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Goma, des drones ont frappé une zone densément peuplée. Le bilan humain est lourd.
Plus d’une dizaine de personnes ont été tuées après une attaque de drones à Mushaki. Plusieurs blessés sont arrivés à Goma.
Le coordonnateur politique de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, a qualifié ces actes de “crimes” imputables au régime de Kinshasa, avançant un bilan provisoire de “plus de trente morts et plusieurs blessés”.
Washington a réagi sans ambiguïté. Le Bureau Afrique du Département d’État américain a publié sur le réseau X : “Les États-Unis condamnent la frappe de drone menée aujourd’hui à Mushaki, au Nord-Kivu, et les massacres perpétrés près d’Uvira, au Sud-Kivu. Toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue, respecter leurs engagements de cessez-le-feu, protéger les civils et s’engager dans un dialogue et une désescalade.”
Ce qui frappe dans ce texte américain, c’est l’équidistance. Washington condamne à la fois Mushaki et Uvira, renvoyant dos à dos les deux belligérants. Pour Kinshasa qui espérait un soutien américain plus offensif contre le M23 et qui en avait explicitement fait la demande, cette formulation est une douche froide.
Selon Wikipedia, au premier trimestre 2026, le conflit au Sud-Kivu se caractérise par une intensification des combats en zones rurales et un usage accru des drones. Ces engins volants sont devenus les armes de prédilection d’un conflit qui se technicise à mesure que les fronts se stabilisent. Et dans cette technicisation, ce sont toujours les civils qui paient le prix fort.





























