La pression sociale à Kinshasa sur la question sécuritaire avait atteint un niveau critique. La tentative de motion de défiance contre Jacquemain Shabani, fût-elle rejetée, avait dit l’ampleur de l’exaspération populaire et politique face à une insécurité urbaine qui ronge le quotidien des Kinois. Les forces de l’ordre ont décidé de montrer qu’elles pouvaient répondre.
Des opérations anti-braquages ont été lancées à Kinshasa par les forces de l’ordre, débouchant sur des interpellations dans les communes à risque.
Quarante-sept interpellations. Le chiffre est concret, vérifiable, communicable. Il produit l’image d’un État qui agit. Mais les Kinois ont appris à distinguer les opérations ponctuelles des changements structurels. Des “coups de filet” ont déjà eu lieu par le passé, suivis d’un retour à la normale dans les jours ou semaines qui suivaient.
Ce qui manque à Kinshasa pour régler durablement son problème sécuritaire, ce n’est pas quelques opérations ponctuelles. C’est une réforme profonde de la police nationale — formation, rémunération, chaîne de commandement, ancrage de proximité dans les quartiers. C’est un système de contrôle interne qui empêche que les uniformes servent de couverture à des pratiques d’extorsion. C’est le fameux numéro d’urgence policier, annoncé depuis plusieurs mois, dont la mise en œuvre reste toujours en attente.
Les 47 interpellations de ce mercredi sont un début. Pour que ce début devienne une transformation durable, il faudra des mois de travail méthodique que les opérations coup de poing ne peuvent pas remplacer.





























