L’artiste guinéen Elie Kamano accuse ouvertement le régime du général Mamadi Doumbouya d’être impliqué dans la disparition de plusieurs membres de sa famille. Cinq mois après les faits, il affirme être toujours sans nouvelles de ses proches, enlevés à son domicile en novembre dernier.
Depuis son exil, l’auteur-compositeur, autrefois proche du pouvoir, estime que ces disparitions sont directement liées à ses prises de position critiques contre les autorités de Conakry. Il appelle la communauté internationale à intensifier la pression sur le régime guinéen.
Selon Elie Kamano, les faits remontent au 6 novembre, aux alentours de 4 heures du matin. Plusieurs membres de sa famille auraient été enlevés à son domicile par des individus qu’il attribue à une milice proche du pouvoir. Parmi les personnes concernées figurent deux de ses enfants, un neveu ainsi que son jeune frère, un gendarme.
« Jusqu’à présent, je n’ai aucune nouvelle », affirme-t-il, précisant que seul le plus jeune enfant, âgé de sept ans, aurait été relâché en raison de son âge.
L’affaire a suscité des réactions au niveau international. Organisation des Nations unies a exprimé son inquiétude et appelé à la libération des personnes détenues. Malgré cela, aucune avancée concrète n’a été signalée à ce jour.
Pour l’artiste, il ne fait aucun doute que ces enlèvements sont une forme de représailles. Opposant déclaré au régime de transition, il affirme avoir été à plusieurs reprises ciblé, y compris en dehors de la Guinée.
« Cela ne peut être lié qu’à mes prises de position », soutient-il, évoquant des tentatives répétées visant à l’atteindre dans différents pays où il a séjourné.
Cette situation illustre, selon lui, un climat de répression croissante à l’encontre des voix dissidentes. Depuis la prise du pouvoir par les militaires en 2021, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une restriction progressive des libertés publiques en Guinée.
Au-delà de son cas personnel, Elie Kamano dresse un constat sévère de la gouvernance actuelle. Il accuse Mamadi Doumbouya de concentrer le pouvoir et de s’éloigner des engagements initiaux de la transition.
« Mamadi Doumbouya est en train de construire une monarchie », affirme-t-il, dénonçant une dérive autoritaire et une confiscation du pouvoir au profit d’un cercle restreint.
Ces accusations interviennent dans un contexte où le calendrier de transition vers un régime civil reste flou, alimentant les inquiétudes tant au niveau national qu’international.
Face à ces dérives présumées, l’opposant appelle à une mobilisation accrue des partenaires internationaux de la Guinée. Il estime que les réactions actuelles restent insuffisantes pour contraindre les autorités à respecter les droits fondamentaux et à garantir un retour à l’ordre constitutionnel.
Pour l’heure, les autorités guinéennes n’ont pas officiellement réagi à ces accusations. L’absence d’informations sur le sort des personnes disparues continue d’alimenter les tensions et de soulever des interrogations sur la situation des droits humains dans le pays.
Dans un climat politique toujours incertain, cette affaire pourrait accentuer la pression sur le régime de transition, déjà confronté à de nombreuses critiques sur sa gestion du pouvoir.





























