Kinshasa, 26 février 2026 – L’ancien directeur général de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO), Pistis Bonongo, a comparu mercredi devant la Cour des comptes de la RDC. Il est poursuivi pour non-transmission des états financiers 2022-2023 dans les délais légaux. La loi impose leur dépôt dans les trois mois suivant leur adoption par l’assemblée générale des entreprises publiques.« Je suis innocent. Je n’avais pas la maîtrise du fonctionnement interne », a déclaré Bonongo à l’audience. Ses avocats ont plaidé l’absence de responsabilité personnelle. « Il ne gérait pas la chaîne technique de production des états financiers », ont-ils soutenu.
La Cour examine un possible manquement à la reddition des comptes. Une faute considérée grave dans la gestion des sociétés d’État. Pistis Bonongo avait été nommé directeur général de la SOKIMO en septembre 2022 par décret présidentiel. Il succédait à une direction contestée. Sa mission officielle : relancer la société minière publique en difficulté.
À sa prise de fonctions, il promet un redressement rapide. « La SOKIMO doit redevenir un fleuron minier », affirma-t-il. Il lance des missions d’inspection en Ituri et au Haut-Uele. Il annonce la récupération de carrés miniers et la relance de partenariats.
Mais la gestion Bonongo divise. Dès 2024, des agents dénoncent retards de salaires et manque d’investissements. Des syndicats réclament son départ. « La situation sociale s’est dégradée », accusent des travailleurs. La direction évoque un héritage financier lourd. Bonongo parle de « blocages structurels ». Malgré cela, il poursuit ses initiatives. Il multiplie les contacts internationaux. Il cherche des investisseurs pour moderniser les sites.
En 2025, le gouvernement décide un changement de direction à la SOKIMO. Bonongo est révoqué. Il est remplacé par une nouvelle équipe dans le cadre d’une restructuration du secteur minier public. Officiellement, aucune faute n’est annoncée lors de son départ. Mais des audits internes sont lancés après la transition.
Quelques mois plus tard, la Cour des comptes ouvre une procédure. Elle reproche à l’ancien DG de ne pas avoir transmis les états financiers 2022-2023 dans le délai légal. Selon l’accusation, les comptes avaient été adoptés par l’organe social compétent. Leur transmission n’aurait pas suivi. Or cette obligation vise la transparence des entreprises publiques. Elle permet le contrôle de la gestion des fonds de l’État.
À l’audience, Bonongo rejette toute faute. « Je n’avais pas autorité sur certaines structures internes », affirme-t-il. Ses avocats évoquent des responsabilités partagées. « La production des états dépend de plusieurs services. Mon client n’a jamais refusé de transmettre quoi que ce soit », déclarent-ils.
La Cour des comptes a mis l’affaire en délibéré. Si le manquement est confirmé, Bonongo pourrait être sanctionné pour faute de gestion publique. L’affaire illustre la pression croissante sur la gouvernance des entreprises minières d’État en RDC. « La reddition de comptes n’est pas optionnelle », rappelle un magistrat financier. Le jugement est attendu dans les prochaines semaines.






























