La commissaire européenne Hadja Lahbib a terminé sa mission humanitaire dans la région des Grands Lacs, notamment à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Ce vendredi 20 février, elle a rencontré des leaders rebelles, dont le coordonnateur politique, Corneille Nangaa. Mandatée par les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne, Lahbib s’est rendue dans cette région pour établir un rapport sur la situation humanitaire, qui s’est détériorée récemment. Lors de ses visites à Kinshasa, Bujumbura, Kigali et Goma, elle a plaidé pour le respect du droit international humanitaire.
L’ancienne ministre belge des Affaires étrangères a qualifié la situation de « catastrophique ». À l’issue de ses échanges, elle a affirmé avoir obtenu des engagements concrets de la part des différentes parties rencontrées. « J’espère qu’ils seront mis en œuvre », a-t-elle déclaré, exprimant l’espoir que cette mission aboutisse à des améliorations pour les populations civiles. En outre, Hadja Lahbib reste déterminée à voir ces promesses se concrétiser et à contribuer à une meilleure protection des droits humains dans la région.

“Je relaie ici le message des ONG internationales et des agences des Nations Unies, qui travaillent dans des conditions difficiles, notamment dans les camps de réfugiés de la région, afin d’alléger les souffrances. J’ai également visité les camps de transit et je me suis entretenue avec les personnes affectées. Par conséquent, en tant que commissaire à l’égalité, je souligne que les premières victimes de cette guerre sont avant tout les femmes et les enfants. J’ai obtenu des engagements concrets de toutes les parties que j’ai rencontrées et j’espère que ces engagements seront mis en œuvre afin que cette mission porte ses fruits”, a-t-elle fait savoir devant la presse à l’issue de l’entretien.
Pour sa part, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de la rébellion de l’AFC/M23, a annoncé des mesures de décrispation suite à sa rencontre avec Hadja Lahbib. En effet, son mouvement prévoit la libération de certains militaires des FARDC et des Wazalendo.
Nangaa a justifié cette décision par le fait que la Commissaire européenne se rend sur une terre souvent victime de mensonges. Il a exprimé l’intention de montrer des gestes de bonne foi en réponse à sa visite. Ainsi, ces mesures visent à améliorer la situation et à construire un climat de confiance dans la région.
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“Nous avons fait de grosses annonces et nous avons pris de grandes décisions, notamment nous avons 40, plus de 41 jeunes mineurs qui étaient aux FARDC et aux Wazalendo que nous avions arrêtés à Goma, aujourd’hui, nous avons pris la décision de les libérer. Dans la même logique, nous avions identifié une centaine de femmes qui étaient associées aux Wazalendo et aux FARDC qui étaient arrêtées à Rumangabo. Nous venons de les libérer aussi. Bien plus, nous avons ici 230 FARDC pris en charge par l’AFC/M23 et qui sont en soins au niveau du camp Katindo, nous les avons également libérés”, a révélé Corneille Nangaa.
Dans ce contexte, l’ancien président de la CENI a réitéré la détermination de son mouvement à trouver une issue pacifique à la crise sécuritaire qui sévit dans l’est de la RDC. Néanmoins, il a précisé que son mouvement se défendra face à toute solution qui ne serait pas d’ordre politique.
“C’est pour montrer que nous voulons la paix. Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre, ce sont des signes que nous avons donnés en bonne foi pour permettre aux choses d’avancer. Nous croyons à une solution politique et nous tenons à la situation politique. Cependant, si on nous impose une solution autre que politique, nous nous défendrons”, a prévenu Corneille Nangaa.

Par ailleurs, la RDC traverse l’une des pires crises humanitaires mondiales à cause du conflit armé persistant, des déplacements massifs, des épidémies et un taux élevé de pauvreté. Plus de 21 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire, avec des familles contraintes de fuir vers des abris précaires ou des camps surpeuplés. Les droits humains sont largement bafoués, et près de 28 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire.
De même, au Burundi, la situation est également délicate. Des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés internes luttent pour satisfaire leurs besoins, tandis que l’escalade de la violence en RDC a entraîné des mouvements massifs vers les pays voisins. L’Union européenne a contribué en 2025, allouant 129,5 millions d’euros pour aider les populations touchées.






























