Le texte a été adopté le 12 août par 104 députés du MPLA au pouvoir, contre 56 élus de l’Unita. Son adoption intervient à moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, dans un contexte politique déjà sensible.
La loi prévoit notamment que les opérateurs téléphoniques transmettent aux autorités certaines communications considérées comme criminelles ou susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l’État.
C’est précisément cette formulation qui suscite des inquiétudes. Des défenseurs des libertés publiques dénoncent un manque de précision sur ce qui pourrait être considéré comme une menace pour la sécurité nationale, avec un risque d’utilisation extensive du dispositif.
Le texte intervient quelques semaines après une importante cyberattaque contre Unitel, qui avait perturbé le réseau de l’opérateur et affecté des millions de clients. Pour le gouvernement, l’incident souligne la nécessité de renforcer la protection des infrastructures numériques.
Mais pour l’Unita et une partie de la société civile, la lutte contre la cybercriminalité ne doit pas devenir un moyen de surveiller les citoyens ou de restreindre la liberté d’expression. La question de l’accès aux données personnelles et de leur transmission aux autorités reste au cœur du débat.
Cette nouvelle loi intervient enfin après l’entrée en vigueur d’une législation sur les fausses informations prévoyant jusqu’à dix ans de prison pour certaines publications en ligne. **En Angola, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre sécurité numérique, protection des données et libertés publiques.**





























