Kinshasa — Alors que la République démocratique du Congo fait face à une épidémie d’Ebola d’une ampleur sans précédent dans son histoire, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, a vivement critiqué la gestion de la crise sanitaire par le pouvoir central.
Dans une déclaration consacrée à la situation épidémiologique, il a accusé Kinshasa de faire preuve d’« irresponsabilité », estimant que les autorités accorderaient davantage d’importance aux « activités ludiques, cérémonies et voyages » qu’à la lutte contre l’épidémie.
L’alerte intervient alors que l’épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo connaît une transmission intense. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé disponibles au 12 août, la RDC comptait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès, dans 54 zones de santé réparties sur six provinces.
Les chiffres ont continué d’augmenter depuis. Des données officielles rapportées le 19 août faisaient état de plus de 5 000 cas confirmés et 2 378 décès, faisant de cette flambée la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC.
Face à cette situation, l’OMS souligne l’importance d’une surveillance renforcée, du traçage des contacts, de la prise en charge médicale et surtout de l’implication des communautés dans la réponse sanitaire.
Corneille Nangaa affirme de son côté que les territoires sous administration de l’AFC/M23 auraient mis en place une réponse efficace contre la maladie.
Il cite notamment la détection rapide des cas, leur mise en quarantaine et le suivi communautaire comme éléments permettant, selon lui, de limiter la propagation du virus dans les zones concernées.
Ces affirmations interviennent dans un contexte particulièrement difficile pour la réponse humanitaire et sanitaire. L’OMS identifie notamment l’insécurité, les déplacements de population, les mouvements commerciaux et la densité de certaines zones comme des facteurs compliquant le contrôle de l’épidémie.
L’accusation la plus grave formulée par le responsable de l’AFC/M23 concerne une prétendue stratégie du gouvernement congolais visant à introduire des personnes contaminées dans les territoires contrôlés par le mouvement.
Corneille Nangaa affirme que Kinshasa chercherait ainsi à propager volontairement le virus dans ces zones, présentant cette opération présumée comme une forme de « guerre biologique » destinée à décimer les populations considérées comme opposées au projet de changement constitutionnel.
Ces accusations n’ont pas été étayées par des éléments de preuve publics dans les informations disponibles. Elles doivent donc être considérées comme des allégations formulées par le responsable de l’AFC/M23 et non comme des faits établis.
Au-delà de la situation épidémiologique, cette déclaration illustre la dimension politique croissante de la crise Ebola dans un pays où les affrontements armés compliquent déjà l’accès aux populations et le déploiement des équipes sanitaires.
L’OMS indique que l’épidémie, déclarée en mai 2026, s’est étendue d’Ituri à plusieurs autres provinces et constitue une urgence de santé publique de portée internationale.
Dans ce contexte, les accusations de Corneille Nangaa interviennent alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires tentent de maintenir la surveillance et la prise en charge dans des zones affectées par l’insécurité.
La priorité des acteurs de santé reste néanmoins la même : identifier rapidement les cas, isoler et traiter les patients, suivre leurs contacts et renforcer la confiance des communautés, afin de ralentir une épidémie qui a déjà provoqué plusieurs milliers de morts en RDC.




























