Trois mineurs sont morts dans un éboulement sur le site minier de Mangazi à Manguredjipa, dans le territoire de Lubero.
Trois vies. Trois hommes qui se levaient chaque matin pour descendre dans des galeries que personne n’a jamais déclarées conformes aux normes de sécurité, parce que ces normes n’atteignent pas Manguredjipa. Des hommes qui se glissaient dans des tunnels creusés à la main ou avec des outils rudimentaires, dans des zones où la pression des terrains est imprévisible, où une simple pluie peut fragiliser des parois et transformer une galerie en tombeau.
Ce que cet éboulement dit, une fois de plus, c’est l’abandon structurel dans lequel vivent des centaines de milliers de creuseurs artisanaux congolais. Ces hommes et ces femmes extraient des minerais qui alimentent les économies du monde entier, le cobalt de vos batteries de téléphone, le coltan de vos circuits électroniques, sans protection sociale, sans assurance accident, sans inspection du travail.
L’Inspection Générale des Mines avait déjà appelé à la sécurisation des zones minières après un incident le 2 mai dans le secteur de Luisha. Ces appels se répètent. Les accidents aussi. Ce cycle infernal dit que les appels seuls ne suffisent pas. Il faut des contrôles effectifs, des sanctions réelles pour les exploitants qui ne respectent pas les normes minimales de sécurité, et une présence de l’État capable de faire respecter la loi même dans les zones les plus reculées du Nord-Kivu.
Le secteur minier artisanal fait vivre des millions de Congolais. Il les tue aussi, trop souvent, dans un silence que les statistiques ne saisissent jamais complètement.





























