Des déclarations sur le fait de conditionner les élections 2028 à la fin de la guerre à l’Est ont été mal perçues dans plusieurs milieux politiques.
Ce débat est peut-être le plus révélateur de l’état de la démocratie congolaise en ce printemps 2026. La logique avancée est, en surface, compréhensible : comment organiser des élections crédibles quand des millions de personnes dans l’Est sont déplacées, sans domicile fixe, sans accès à un bureau de vote sécurisé ? La question est légitime. Mais la réponse qu’on en tire, reporter les élections jusqu’à la fin de la guerre ouvre une boîte de Pandore que personne ne peut refermer facilement.
Car la guerre à l’Est de la RDC dure depuis trente ans. Elle prend des formes différentes, elle s’intensifie et s’apaise par cycles, mais elle ne finit pas. Si l’on pose comme condition préalable aux élections la fin de cette guerre, on conditionne la démocratie congolaise à un horizon qui n’existe pas dans le temps politique normal.
L’opposition a immédiatement dénoncé ce discours. Martin Fayulu a clairement signifié qu’il barrerait la route à tout projet visant à prolonger le mandat de Tshisekedi au-delà de son terme constitutionnel. Les organisations de la société civile ont rappelé que la CENI avait elle-même confirmé que les élections de 2028 étaient planifiées dans les délais normaux.
Ce que ce débat révèle, c’est que le dialogue sur la Constitution et les hypothèses de report électoral avancent en parallèle, comme deux faces d’un même projet que personne n’ose encore nommer clairement. La transparence que réclament les Congolais n’est pas un luxe démocratique. C’est la condition minimale pour que leurs institutions gardent une légitimité.





























