La Russie bombarde et saigne simultanément. C’est peut-être la réalité la plus saisissante de la guerre en Ukraine en ce printemps 2026.
La Russie a lancé 659 drones et 44 missiles sur l’Ukraine en vingt-quatre heures. Au moins 16 morts ont été enregistrés dans des frappes sur Kiev, Dnipro et Odessa. L’armée ukrainienne fait face à une pression militaire croissante, même si la Russie n’a pas réussi à rompre décisivement les lignes de front.
Vladimir Poutine a reconnu officiellement que le PIB russe a diminué de 1,8 % en janvier-février 2026. Les recettes tirées des exportations d’hydrocarbures ont plongé de 45,4 % au premier trimestre. Le directeur général de la Sberbank a mis en garde contre une vague de défauts de paiement des prêts.
Ce paradoxe, une économie qui s’effondre et une machine de guerre qui s’accélère — a une logique interne que les analystes occidentaux peinent parfois à saisir pleinement. Pour Poutine, arrêter la guerre serait admettre une défaite qui le coûterait politiquement plus cher que la récession. La guerre continue donc, même si elle saigne le pays.
L’Ukraine demeure sur la défensive sur le champ de bataille. Elle a perdu son point d’appui dans la région russe de Koursk. La Russie progresse méthodiquement le long de la ligne de front, mais ses gains territoriaux sont lents et coûteux.
Ce que cette guerre dit à l’Afrique et à la RDC en particulier — c’est que les conflits qui semblent devoir se terminer rapidement peuvent durer des années, coûter des centaines de milliers de vies, et continuer longtemps après que toute rationalité économique aurait dû y mettre fin. La persévérance dans l’irrationalité est peut-être la caractéristique la plus dangereuse des régimes autoritaires en guerre.





























