Il était 21h45 sur la scène du FEMUA à Abidjan. Papa Wemba chantait. Et puis il s’est effondré. C’était le 24 avril 2016. Dix ans ont passé. Le deuil, lui, n’a pas passé.
Ce 24 avril 2026, Kinshasa, Paris, Abidjan et tous les cœurs qui l’ont aimé ont retenu leur souffle pour marquer le dixième anniversaire de la disparition de Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba.
À Kinshasa, les hommages ont été organisés au Musée national et à l’Académie des Beaux-Arts, où le festival “Que Viva Papa Wemba” a célébré le roi de la rumba et de la SAPE. La douleur de son absence reste vive, mais sa voix continue de résonner dans chaque coin de rue de la capitale.
À Abidjan, la cérémonie a pris une dimension particulière. Une rue d’Anoumabo, le quartier populaire où il est mort sur scène, porte désormais son nom. Le maire de Marcory, Aby Raoul, a fait de Papa Wemba Citoyen d’honneur de la commune et l’a élevé au rang de Commandeur de l’ordre du mérite communal. L’ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire, Gilbert Naiya Nabina, était présent aux côtés de figures culturelles et diplomatiques.
En bâtissant l’école Viva La Musica en 1977, Papa Wemba a façonné des générations de talents, de Koffi Olomide à Fally Ipupa, créant une passerelle esthétique entre la rumba des aînés et les courants urbains. La SAPE, Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes qu’il a érigée en philosophie de vie, est aujourd’hui une identité culturelle reconnue mondialement.
Ce qui frappe dans ces commémorations, c’est l’universalité de l’émotion. Papa Wemba n’appartient pas qu’à la RDC. Il appartient à l’Afrique, à la diaspora, à tous ceux qui ont un jour entendu sa voix et compris que la dignité pouvait s’exprimer en musique. Fally Ipupa, son héritier artistique en partie formé dans le creuset de Viva La Musica, jouera au Stade de France dans sept jours. C’est aussi, en un sens, une façon de continuer l’œuvre du maître.





























