Le timing est saisissant. Ce mercredi 29 avril, Vladimir Poutine reçoit Denis Sassou N’Guesso, président du Congo-Brazzaville, à Moscou. Les deux dirigeants tiendront des négociations bilatérales portant sur les relations économiques et diplomatiques entre la Russie et la République du Congo.
Cette rencontre intervient au moment où la Russie vit sa crise africaine la plus grave depuis le déploiement de Wagner sur le continent. Au Mali, l’Africa Corps a dû négocier une retraite de Kidal. Le modèle “sécurité russe contre ressources africaines” que Poutine avait vendu comme l’alternative souveraine aux partenariats occidentaux vient d’être sérieusement ébranlé.
Recevoir Sassou N’Guesso dans ce contexte est un acte politique délibéré. Le Congo-Brazzaville est l’un des rares pays africains qui maintient des relations chaleureuses avec Moscou sans être exposé aux mêmes turbulences que les juntes sahéliennes. C’est un partenaire stable, géographiquement stratégique, il partage le fleuve Congo avec la RDC et économiquement intéressant pour ses ressources pétrolières.
Pour la RDC, cette rencontre Poutine-Sassou a une résonance particulière. Brazzaville et Kinshasa se regardent depuis les deux rives d’un fleuve. Les choix diplomatiques de l’un résonnent toujours dans l’autre. Pendant que Kinshasa signe des accords avec Washington et intègre la SADC, Brazzaville approfondit ses liens avec Moscou. Deux Congos, deux trajectoires, un même fleuve.




























