Cinquante-six jours depuis le premier missile. La guerre en Iran, déclenchée le 28 février 2026 par une coalition américano-israélienne, est entrée dans une phase d’attente tendue qui n’est ni la guerre ouverte ni la paix mais quelque chose de plus dangereux encore : le statu quo armé.
Depuis le 21 avril, Donald Trump a prolongé le cessez-le-feu “jusqu’à nouvel ordre”, conditionnant sa poursuite à une proposition iranienne. Le vice-président JD Vance avait annulé son voyage à Islamabad pour le deuxième round de négociations, provoquant une nouvelle période d’incertitude. Le centre d’Islamabad reste bouclé pour accueillir les pourparlers, mais aucune délégation n’est venue.
Le retrait de Téhéran des négociations avait été en partie provoqué par la saisie par les États-Unis d’un pétrolier battant pavillon du Botswana chargé de pétrole iranien. Une opération qualifiée d'”inacceptable” par Téhéran, qui y voit une violation directe de l’accord de cessez-le-feu.
Trump avait imposé une pression maximale : “Le blocus, que nous ne lèverons pas tant qu’il n’y aura pas d’accord, détruit absolument l’Iran. Ils perdent 500 millions de dollars par jour.” Il avait également demandé à Téhéran de libérer huit femmes condamnées à la pendaison, ce que le régime iranien a démenti.
Pour un conseiller du négociateur iranien en chef Mohammad Baqer Qalibaf, la prolongation de la trêve constitue surtout “une manœuvre visant à gagner du temps” en vue d’une frappe surprise. L’Iran sait “résister aux intimidations”, a prévenu le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
À Téhéran, une étudiante de 19 ans nommée Mobina Rasoulian savoure chaque heure de la trêve. Les aéroports ont rouvert. La vie reprend. Mais la fracture au sein du gouvernement iranien sur les conditions d’un accord acceptable bloque toute avancée diplomatique. Cinquante-six jours de guerre. Plus de 3 500 morts selon les chiffres officiels iraniens. Et une paix qui n’a toujours pas de forme.





























