Il y a des paix qui ne sont que des silences entre deux tempêtes. À Mbau-Mantumbi, sur l’axe reliant Beni à plusieurs villages du Nord-Kivu, les habitants recommencent, prudemment, à vivre. Les élèves reprennent le chemin des classes. Les fidèles retournent dans leurs lieux de culte.
Beni : les activités scolaires et religieuses peinent à reprendre sur l’axe Mbau-Mantumbi malgré une accalmie sécuritaire. La population reste marquée par les traumatismes des dernières semaines, et la prudence domine chaque sortie, chaque trajet.
James Swan, nouveau chef de la MONUSCO, a achevé ce mardi 21 avril sa première tournée dans le Nord-Kivu. Sa visite à Beni était la première depuis sa prise de fonction. Les conclusions qu’il tirera de ce déplacement influenceront les prochaines décisions stratégiques de la mission. La capacité de la MONUSCO à protéger les civils et à créer un environnement propice à une paix durable est une nouvelle fois mise à l’épreuve.
Ce que Swan a vu à Beni, s’il a vraiment regardé, c’est une ville qui a appris à vivre avec la peur comme compagnon quotidien. Depuis 2014, plus d’une centaine d’attaques des ADF ont endeuillé cette zone. Chaque accalmie a précédé une nouvelle vague de violence. La population ne croit plus aux promesses d’une sécurisation définitive. Elle vit dans l’instant, entre deux alertes.
La vraie question que Swan doit ramener à New York est celle-ci : comment une mission onusienne dotée de milliers de soldats n’est-elle pas parvenue, en plus d’une décennie de présence, à mettre fin aux massacres dans le Territoire de Beni ? La réponse est complexe, mandats insuffisants, coordination difficile avec les FARDC, renseignements limités mais elle ne satisfait plus personne. Ni les habitants de Beni, ni les organisations de droits humains, ni les États membres de l’ONU qui financent cette mission à plusieurs milliards de dollars par an.




























