À quelques jours du double Stade de France de Fally Ipupa, Kinshasa vit un autre événement musical, plus discret mais tout aussi signifiant. À l’Espace Culturel Bolongi, au quartier Bali, une mémoire musicale reprend vie.
À l’Espace Culturel Bolongi, au quartier Bali, une mémoire musicale reprend vie à travers une exposition et des performances qui plongent dans les racines de la rumba congolaise, de Franco Luambo à Tabu Ley, en passant par les grandes formations des années 1960-1980.
Ce travail de mémoire n’est pas un exercice nostalgique. C’est une opération de transmission indispensable dans un pays où plusieurs générations ont grandi sans accès aux archives de leur propre culture musicale. La rumba congolaise a été inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2021. Mais l’inscription onusienne ne suffit pas si les jeunes Kinois ne savent pas qui était Franco Luambo, n’ont jamais entendu l’Orchestre Virunga, ne connaissent pas l’histoire des génériques de minuit qui rythmaient la vie nocturne de Léopoldville.
Pendant ce temps, sur le continent, la scène musicale africaine vit un moment exceptionnel. Les artistes du MASA d’Abidjan tournent sur les scènes mondiales. Les afrobeats nigérians dominent les charts internationaux. Les amapiano sud-africains s’exportent partout. Dans ce paysage effervescent, la rumba congolaise occupe une place particulière : celle d’une musique mère, dont les ramifications se retrouvent dans presque tous les styles populaires d’Afrique francophone.
Fally Ipupa au Stade de France et Bolongi dans son quartier de Kinshasa, ce n’est pas le grand et le petit. C’est le présent et la mémoire, indissociables l’un de l’autre.




























