Il y a des aveux qui résonnent comme des bulletins de défaite. Mercredi 15 avril, Vladimir Poutine a pris la parole devant ses ministres de l’Économie avec des visages fermés autour de lui, et a dit l’indicible pour le maître du Kremlin : l’économie russe est dans le rouge.
Vladimir Poutine s’est alarmé d’un déclin en début d’année de l’économie russe. Le PIB de la Russie a diminué de 1,8 % en janvier-février, a annoncé le président lors d’une réunion sur les questions économiques. Les indicateurs sont “non seulement inférieurs aux attentes des experts et analystes, mais aussi aux prévisions du gouvernement et de la Banque centrale.” Le déficit budgétaire dépasse déjà 1,9 % du PIB au premier trimestre, dépassant les prévisions pour l’année entière.
Les recettes tirées des exportations d’hydrocarbures ont plongé de 45,4 % en janvier-mars par rapport à la même période de l’année précédente. Les dépenses militaires colossales ne suffisent plus à tirer l’économie. En 2025, la croissance avait été de 1 %, après 4,3 % en 2024.
Le directeur général de la Sberbank Mikhail Matovnikov a déclaré que l’économie “n’est pas seulement en train de ralentir, mais qu’elle est déjà en train de chuter” et a mis en garde contre une vague de défauts de paiement. Le chef des services de renseignement suédois a prédit qu’en cas de stabilisation des prix du pétrole, la Russie risquait d’éprouver de nouvelles difficultés à financer les combats en Ukraine.
Pour financer la guerre, Poutine a augmenté la TVA de 20 à 22 % depuis le 1er janvier 2026. Les revenus issus des hydrocarbures se sont effondrés de 24 % en un an. Le rapport du ministère des Finances est un électrocardiogramme plat.
Ce que cet aveu dit, c’est que la stratégie d’une guerre longue est en train de devenir insoutenable économiquement. La question n’est plus de savoir si la Russie peut militairement prolonger la guerre en Ukraine. C’est de savoir combien de temps encore son économie peut supporter le poids d’un conflit qui dévore ses ressources sans rien produire en retour, sinon des morts.




























