L’ironie est saisissante et cruelle. Il y a quelques jours à peine, le monde financier applaudissait la RDC pour son émission d’eurobonds de 1,25 milliard de dollars, largement sursouscrite. La confiance des marchés était au rendez-vous. Et pourtant, ce lundi 20 avril, des syndicats de fonctionnaires descendent dans la rue pour réclamer des salaires en retard.
Le Mouvement Syndical TJS a projeté une manifestation ce lundi 20 avril pour exiger le paiement “sans retard” des fonctionnaires de l’État, dénonçant des arriérés de salaires qui pèsent sur des milliers de familles.
Ce paradoxe, un État capable de lever des capitaux sur les marchés internationaux mais incapable de payer régulièrement ses fonctionnaires n’est pas nouveau en RDC. Il illustre une fracture structurelle entre les circuits financiers formels, qui fonctionnent avec une certaine efficacité, et la gestion concrète des finances publiques à destination des agents de l’État.
Les fonctionnaires congolais, enseignants, agents de santé, policiers, agents administratifs représentent la colonne vertébrale de l’État. Quand leurs salaires arrivent en retard, ce sont des enfants qui ne mangent pas à leur faim, des loyers impayés, des soins médicaux repoussés. Ce n’est pas une abstraction comptable. C’est une réalité quotidienne pour des centaines de milliers de familles.
La réforme de la chaîne de paiement des salaires est une priorité que le gouvernement Suminwa a inscrite dans ses engagements envers le FMI. Les Réunions de printemps à Washington ont permis de valider des indicateurs macroéconomiques positifs. Reste à traduire ces chiffres en virements à temps pour des fonctionnaires qui attendent depuis trop longtemps que l’État reconnaisse leur travail par le seul moyen concret qui vaille : les payer.




























