Ce samedi 18 avril, deux villes méditerranéennes se font face comme deux miroirs de l’époque. À Milan, l’extrême droite européenne se réunit, victorieuse dans plusieurs pays, confiante dans sa dynamique. À Barcelone, une réponse se rassemble : des présidents et chefs de gouvernement progressistes venus d’Europe, d’Amérique latine et d’Afrique pour dire qu’une autre trajectoire est possible.
Le Brésilien Lula, la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le président du Conseil européen António Costa, les chefs d’État sud-africain, colombien, uruguayen ou encore irlandais sont attendus à Barcelone pour répondre à la “vague réactionnaire” qui traverse les démocraties occidentales.
Ce rassemblement n’est pas qu’un événement politique. Il est le signe que des pays du Sud global, Brésil, Mexique, Afrique du Sud, Colombie se positionnent comme acteurs d’un débat que l’Occident avait tendance à considérer comme son affaire interne.
L’ironie est que la crise qui fracture l’Occident a ses racines dans des phénomènes largement globaux : inégalités économiques exacerbées par la mondialisation, migrations provoquées par les conflits et le changement climatique, colère de populations laissées pour compte par les élites technocratiques. Des réalités que les pays du Sud connaissent depuis longtemps et pour lesquelles ils ont dû trouver des réponses imparfaites, mais réelles.
La présence de Lula et Sheinbaum à Barcelone est un symbole fort. Il dit que la démocratie progressiste survit et se bat. Il dit aussi que le débat sur l’avenir du monde ne peut plus se tenir sans les voix du Sud. Pour l’Afrique, dont les représentants seront aussi présents, ce sommet est une occasion de peser sur un agenda international qui trop souvent se passe d’elle.




























