La course à la succession d’Antonio Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies est officiellement lancée. Parmi les prétendants figure désormais Macky Sall. L’ancien chef de l’État sénégalais fait partie des trois candidats déclarés pour occuper le poste de secrétaire général à partir de janvier prochain.
Fait notable : sa candidature n’a pas été introduite par le Sénégal, mais par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Son président, Évariste Ndayishimiye, a porté officiellement le dossier au nom de l’organisation continentale.
À Dakar, l’annonce suscite des réactions contrastées. Pour une partie de l’opposition, cette désignation reflète le poids diplomatique de Macky Sall sur la scène africaine. Oumar Sarr, coordinateur du Front pour la défense de la démocratie et de la République, estime que les douze années passées à la tête du pays constituent un atout. Selon lui, l’ancien président a joué un rôle actif au sein de l’Union africaine et s’est investi dans plusieurs initiatives régionales.
Cette coalition, qui regroupe plusieurs dizaines de partis et des organisations de la société civile, a adressé un courrier au président Bassirou Diomaye Faye pour lui demander d’apporter un soutien officiel à cette candidature.
Mais au sein du camp au pouvoir, la position est différente. Le député Guy Marius Sagna, membre du PASTEF, rejette catégoriquement l’idée d’un appui institutionnel. Il rappelle les tensions politiques qui ont marqué la fin du mandat de Macky Sall, notamment les manifestations entre 2021 et 2023 ayant entraîné de nombreuses victimes.
Le débat dépasse ainsi la simple question diplomatique. Il ravive les clivages internes autour du bilan de l’ancien président. Début février, Macky Sall avait déjà sollicité officiellement le soutien de son pays d’origine. Pour l’heure, aucune prise de position formelle n’a été annoncée par les autorités sénégalaises.
Alors que la bataille pour la direction de l’ONU s’intensifie, la candidature de Macky Sall révèle une réalité : sur la scène internationale, elle ambitionne de rassembler ; au Sénégal, elle continue de diviser.



























