Washington — 17 août Cinquante-quatre élus démocrates de la Chambre des représentants américaine ont demandé des explications à l’administration Trump sur les accords conclus avec plusieurs pays riches en minerais critiques, dont la République démocratique du Congo (RDC).
Dans une lettre adressée le 17 août à l’ambassadeur américain au Commerce, Jamieson Greer, ainsi qu’aux secrétaires d’État Marco Rubio, au Commerce Howard Lutnick et au Trésor Scott Bessent, les parlementaires dénoncent le manque de transparence entourant ces accords, notamment le Strategic Partnership Agreement (SPA) signé avec Kinshasa.
Emmenés notamment par Linda Sánchez, Jared Huffman et Jonathan Jackson, les signataires estiment que ces partenariats pourraient exposer les contribuables américains à des risques financiers importants, tout en profitant potentiellement à des intérêts privés proches de l’administration.
Les élus s’inquiètent également de l’absence, selon eux, de garanties contraignantes en matière de droits humains, de conditions de travail et de protection de l’environnement. Ils demandent à l’administration de préciser les mécanismes prévus pour prévenir les abus dans les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.
La lettre évoque par ailleurs des informations selon lesquelles les États-Unis auraient contribué au financement d’une force paramilitaire chargée d’assurer la sécurité d’opérations minières en RDC. Les parlementaires demandent des clarifications sur la nature exacte de cette implication et sur les garanties mises en place pour éviter tout soutien à des acteurs impliqués dans des violations des droits humains.
Autre point sensible soulevé : le cas de Dan Gertler, homme d’affaires israélien longtemps actif dans le secteur minier congolais et visé par des sanctions américaines dans le cadre du régime Magnitsky.
Les élus souhaitent savoir si l’administration Trump envisage une levée de ces sanctions dans le cadre d’un éventuel accord sur le cobalt congolais, et sur quelles bases une telle décision pourrait être justifiée.
Les 54 représentants réclament enfin un processus de négociation plus transparent et davantage soumis au contrôle du Congrès. Ils adressent dix questions précises à l’exécutif américain, portant notamment sur les garanties sociales et environnementales, la gouvernance des projets miniers, les mécanismes de financement et les bénéficiaires potentiels des accords.
Pour les élus démocrates, l’enjeu dépasse l’accès américain aux minerais critiques. Il s’agit aussi de déterminer si la stratégie minière de Washington en Afrique centrale respecte les standards de transparence, de droits humains et de responsabilité publique.
Ce dossier intervient alors que la RDC occupe une place stratégique dans la compétition mondiale pour l’accès au cobalt, au cuivre et à d’autres minerais essentiels aux technologies et à la transition énergétique.
Les réponses de l’administration Trump pourraient ainsi éclairer les conditions réelles du partenariat minier entre Washington et Kinshasa.





























