Kinshasa / Addis-Abeba – Face à l’aggravation de l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo et s’est propagée à l’Ouganda, le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a lancé un appel à la solidarité continentale, exhortant les pays africains à éviter la fermeture de leurs frontières et à renforcer la coopération régionale.
Lors d’une conférence de presse à Kinshasa ainsi qu’au cours d’une réunion d’urgence de haut niveau convoquée par l’Union africaine, le chef de l’État burundais a insisté sur la nécessité de maintenir ouverts les corridors humanitaires afin de permettre l’acheminement des médicaments, des équipements de protection, du personnel médical et des secours destinés aux populations affectées.
L’épidémie actuelle, causée par la souche rare Bundibugyo, continue de progresser rapidement dans l’est de la RDC. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé, 896 cas confirmés et 232 décès avaient été recensés au 17 juin en RDC, tandis que l’Ouganda a confirmé plusieurs cas liés à des transmissions transfrontalières.
L’OMS estime désormais que la propagation du virus représente un risque régional majeur, compte tenu des mouvements de population, des échanges commerciaux et des flux de réfugiés entre la RDC, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et le Soudan du Sud.
Pour Évariste Ndayishimiye, la fermeture des frontières pourrait paradoxalement compliquer la lutte contre Ebola en favorisant les passages informels et en rendant plus difficile le suivi épidémiologique des populations. L’Union africaine privilégie ainsi une stratégie fondée sur la surveillance sanitaire renforcée, la coopération transfrontalière et le partage rapide des informations.
Le président en exercice de l’Union africaine a également appelé la communauté internationale à accroître son soutien financier et logistique, alors que les organisations humanitaires alertent sur l’insuffisance des ressources disponibles pour contenir l’épidémie.
Afin d’accélérer la riposte, l’Union africaine a organisé un sommet d’urgence qui a permis de mobiliser près de 910 millions de dollars de promesses de financement, dont 80 millions de dollars engagés directement par des États africains. Cette initiative vise à renforcer les capacités de surveillance, de traitement, de recherche des contacts et de prévention dans les pays les plus exposés.
Alors que les violences dans l’est de la RDC continuent de compliquer les opérations sanitaires et que plusieurs centres de traitement ont été confrontés à des incidents sécuritaires, la gestion de cette épidémie constitue désormais un test majeur pour la coopération régionale africaine.
Pour l’Union africaine, la lutte contre Ebola ne peut être menée efficacement qu’à travers une réponse collective, coordonnée et fondée sur la solidarité entre les États du continent.



























