Kinshasa – La déforestation continue de progresser à un rythme alarmant sur le continent africain. Selon les évaluations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique a enregistré une perte nette moyenne d’environ 3,9 millions d’hectares de forêts par an entre 2010 et 2020, faisant d’elle la région la plus touchée au monde par ce phénomène. Les données les plus récentes confirment que cette tendance demeure préoccupante, malgré certains progrès localisés en matière de reforestation et de gestion durable des ressources forestières.
Cette disparition accélérée des forêts fragilise particulièrement le bassin du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale de la planète après l’Amazonie. Cet immense écosystème joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, la préservation de la biodiversité et la subsistance de dizaines de millions de personnes.
Les experts identifient plusieurs facteurs responsables de cette déforestation continue. L’expansion agricole demeure la principale cause de destruction des forêts, suivie par l’exploitation forestière, souvent illégale ou insuffisamment réglementée, ainsi que par le développement des activités minières et des infrastructures. La pauvreté, la pression démographique et la faiblesse des mécanismes de gouvernance aggravent également la situation.
Dans plusieurs pays d’Afrique centrale et occidentale, les besoins croissants en terres agricoles et en bois-énergie continuent d’exercer une pression considérable sur les espaces forestiers.
La République démocratique du Congo, qui possède à elle seule près de 60 % des forêts du bassin du Congo, se trouve au cœur des préoccupations environnementales internationales. Des études récentes montrent que les forêts africaines, autrefois considérées comme un important puits de carbone, tendent progressivement à perdre cette capacité en raison de la dégradation des écosystèmes.
Cette évolution suscite l’inquiétude des scientifiques, qui soulignent que la disparition des forêts africaines pourrait accélérer le réchauffement climatique tout en aggravant les phénomènes météorologiques extrêmes sur le continent.
La FAO souligne néanmoins que certains pays africains ont engagé des programmes de reboisement et amélioré la gestion de leurs ressources forestières. La superficie des plantations forestières sur le continent a ainsi progressé au cours des dernières années. Toutefois, ces avancées restent insuffisantes pour compenser les pertes enregistrées dans les forêts naturelles.
Alors que la communauté internationale s’est engagée à stopper et inverser la déforestation d’ici à 2030, plusieurs rapports récents estiment que les objectifs fixés restent largement hors d’atteinte sans une augmentation massive des investissements, un renforcement de la gouvernance forestière et une coopération internationale accrue.
Au-delà de la seule question environnementale, la protection des forêts africaines constitue désormais un enjeu stratégique majeur. Sécurité alimentaire, stabilité climatique, développement économique durable et souveraineté des États sont étroitement liés à la capacité du continent à préserver son patrimoine forestier.
Pour de nombreux experts, la sauvegarde du bassin du Congo représente non seulement un défi africain, mais également une priorité mondiale.



























