Genève – Le conflit qui ravage le Soudan depuis plus de trois ans franchit un nouveau seuil d’horreur. Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a révélé que plus de 1 000 civils ont été tués lors de frappes de drones entre janvier et mai 2026, témoignant d’une intensification alarmante des méthodes de guerre employées par les parties au conflit.
« Au Soudan, l’horrible conflit s’est étendu et intensifié, marqué par une forte augmentation du recours aux drones de guerre », a déclaré le responsable onusien lors de l’ouverture d’une nouvelle session du Conseil des droits de l’homme à Genève. Selon les données recueillies par son bureau, les victimes civiles continuent de payer le prix le plus lourd d’un affrontement qui ne cesse de gagner en brutalité.
Le Soudan est plongé dans la guerre depuis avril 2023, opposant les Forces armées soudanaises (FAS) aux Forces de soutien rapide (FSR), puissants groupes paramilitaires autrefois alliés au pouvoir central. Ce conflit, né d’une lutte pour le contrôle de l’État et de l’appareil sécuritaire, a progressivement transformé le pays en l’un des épicentres mondiaux des crises humanitaires.
Au-delà des frappes aériennes, l’ONU dénonce une autre réalité particulièrement préoccupante : l’ampleur des violences sexuelles commises contre les populations civiles. « Les viols et les violences sexuelles sont omniprésents », a affirmé Volker Türk, soulignant que les femmes et les jeunes filles demeurent parmi les principales victimes de cette guerre.
Ces exactions s’inscrivent dans un contexte d’impunité généralisée, où les mécanismes de protection des civils sont largement dépassés par l’intensité des combats. Les organisations humanitaires rapportent également des cas d’enlèvements, de mariages forcés et d’autres formes de violences fondées sur le genre.
Les affrontements se sont particulièrement intensifiés ces derniers mois dans les régions du Kordofan et de l’État du Nil-Bleu, près de la frontière éthiopienne. Cette détérioration sécuritaire est intervenue après la prise, en octobre dernier, de la ville d’El-Fasher par les FSR, dernier bastion stratégique majeur de l’armée dans l’ouest du Darfour.
Entrée dans sa quatrième année, cette guerre aurait déjà fait plus de 200 000 morts, selon certaines estimations relayées par des experts indépendants. Des millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, tandis que l’effondrement des infrastructures sanitaires, éducatives et économiques plonge une grande partie de la population dans une extrême vulnérabilité.
Les Nations unies qualifient désormais la situation soudanaise de « pire crise humanitaire au monde ». L’insécurité alimentaire, les déplacements massifs de population, l’accès limité à l’aide humanitaire et la multiplication des violations des droits humains aggravent chaque jour davantage la souffrance des civils.
Face à cette tragédie, Volker Türk a appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts diplomatiques afin d’obtenir un cessez-le-feu durable, de garantir l’accès humanitaire sans entrave et de lutter contre l’impunité des auteurs de crimes graves.
Alors que les armes continuent de parler au Soudan, l’ONU rappelle que derrière les statistiques se trouvent des milliers de vies brisées. Sans mobilisation internationale plus résolue, le pays risque de s’enfoncer encore davantage dans une spirale de violence dont les conséquences pourraient marquer durablement toute la région.




























