En marge de la visite officielle du président congolais Félix Tshisekedi en Ouganda pour l’investiture de son homologue Yoweri Museveni, six protocoles d’accord ont été signés le 11 mai pour renforcer l’intégration économique entre les deux pays, favoriser les échanges commerciaux et promouvoir la construction d’un espace de prospérité partagée.
Félix Tshisekedi est en Ouganda pour deux rendez-vous : la conclusion de la neuvième session de la commission permanente mixte entre les deux pays, et l’investiture du président Yoweri Museveni. Une heure de tête-à-tête entre les deux présidents, 17 ministres congolais mobilisés, six mémorandums signés au State House de Kampala. Le déplacement de Tshisekedi en Ouganda n’a rien d’une visite de courtoisie.
La relation entre Kinshasa et Kampala repose sur deux piliers. La sécurité d’abord : les deux armées mènent conjointement l’opération Shujaa contre les ADF, combattants d’origine ougandaise affiliés à l’État islamique, actifs dans l’est de la RDC. Les deux chefs d’État ont évalué cette opération, dit leur satisfaction et décidé de la poursuivre. Le commerce ensuite : la RDC est désormais la première destination des exportations ougandaises, avec près de 962 millions de dollars échangés en 2024-2025, en hausse de 29 % en deux ans.
Mais la vraie surprise est venue du dossier pétrolier. Yoweri Museveni a révélé qu’un autre dossier a été discuté lors de leur tête-à-tête : le pétrole. Le champ Albert se trouve à cheval sur la frontière entre les deux pays. Félix Tshisekedi a proposé que la RDC participe aux infrastructures pétrolières ougandaises déjà en développement, oléoduc et raffinerie. “Il a proposé, et j’ai accepté”, a dit Yoweri Museveni.
Museveni a déclaré à l’issue de la rencontre : “Je félicite les deux parties d’avoir signé des accords qui profiteront directement à nos populations. Les gouvernements africains ne devraient pas entraver le commerce et la liberté de circulation de leurs citoyens.”
Ce rapprochement stratégique entre Kinshasa et Kampala dit aussi quelque chose sur l’isolement croissant de Kigali. Alors que la RDC multiplie ses partenariats régionaux et internationaux, le Rwanda se retrouve de plus en plus seul à défendre une position intenable dans la crise de l’Est. Museveni, dont le pays est directement concerné par les ADF, partage avec Tshisekedi un intérêt objectif à la stabilisation de la frontière orientale de la RDC. Ce n’est pas de l’altruisme. C’est de la géopolitique. Et ça fonctionne.





























