La RDC est habituée à voir ses grands projets miniers naître dans le Haut-Katanga, le long du “copperbelt” qui file de Lubumbashi vers la frontière zambienne. Mais l’annonce d’un méga-projet dans le Grand Kasaï dit que la carte minière congolaise est en train de se redessiner.
Un méga-projet de production de cuivre de 500 000 tonnes par an a été annoncé dans le Grand Kasaï.
Cinq cent mille tonnes de cuivre par an. Pour avoir une idée de l’ampleur, la RDC produit actuellement environ 2,5 millions de tonnes de cuivre par an au total, principalement dans le Haut-Katanga. Ce nouveau projet représenterait donc 20 % de la production nationale actuelle, à lui seul, dans une région qui n’était jusqu’ici pas associée à l’extraction cuprifère à grande échelle.
Le Grand Kasaï est une région complexe. Quatre provinces (Kasaï, Kasaï Oriental, Kasaï Central, Lomami) forment cet espace immense, peu connecté, avec une histoire politique agitée — les milices Kamuina Nsapu y ont semé la terreur entre 2016 et 2018, laissant des blessures encore vives dans les communautés locales.
L’extraction minière dans ce contexte devra être accompagnée d’un dialogue communautaire sérieux, d’une politique de retombées locales claire, et d’un cadre environnemental rigoureux. Les erreurs commises dans d’autres provinces minières congolaises, déplacement de communautés sans compensation adéquate, pollution des cours d’eau, enrichissement de quelques-uns au détriment du plus grand nombre ne doivent pas se répéter dans le Grand Kasaï.
L’annonce est prometteuse. Sa mise en œuvre déterminera si ce projet devient une chance ou une malédiction supplémentaire pour les populations de la région.





























