Trois jours de silence auront suffi à faire monter l’inquiétude. Puis Assimi Goïta est réapparu, images à l’appui, pour reprendre la main. Le 28 avril, la présidence malienne diffuse des photographies le montrant au palais de Koulouba, à Bamako, en réunion avec une délégation russe conduite par l’ambassadeur Igor Gromyko. Dans la foulée, d’autres séquences le présentent auprès des familles endeuillées et des blessés, notamment à l’hôpital de Kati. Une mise en scène maîtrisée, destinée à rassurer une opinion publique ébranlée après le choc du 25 avril.
Cette attaque, attribuée au Front de libération de l’Azawad et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, a révélé la persistance d’une menace sécuritaire diffuse et adaptable. Face à cela, le pouvoir malien a opté pour une réponse progressive, évitant dans l’immédiat une offensive terrestre d’envergure.
La priorité est donnée aux frappes aériennes ciblées. Dès le 25 avril, des positions jihadistes ont été visées à Sévaré, dans la région de Mopti. Cette stratégie permet de réagir rapidement tout en limitant l’exposition des troupes au sol, durement éprouvées ces derniers mois.
Parallèlement, les autorités ont renforcé le dispositif sécuritaire dans les centres urbains. À Bamako comme dans plusieurs grandes villes, couvre-feux et patrouilles accrues visent à prévenir toute infiltration ou action spectaculaire. Mais au-delà de la sécurité immédiate, l’objectif est aussi psychologique : contenir la peur et démontrer que l’État garde le contrôle.
Autre axe central : la cohésion des Forces armées maliennes. Les récentes attaques ont fragilisé le moral des troupes. En multipliant les visites et les gestes symboliques, Assimi Goïta cherche à resserrer les rangs et à maintenir l’engagement opérationnel.
Cette stratégie de “rassurer avant de riposter” traduit une approche à plusieurs niveaux. Il s’agit de répondre à la menace sécuritaire, mais aussi de préserver la légitimité politique de la transition. Car pour la junte au pouvoir, l’enjeu dépasse le terrain militaire : il touche au cœur même de sa promesse fondatrice — restaurer la sécurité et la souveraineté du pays.
Dans un contexte sahélien marqué par l’instabilité chronique, le Mali avance ainsi sur une ligne étroite. Entre démonstration de force et gestion des perceptions, le pouvoir tente d’éviter l’escalade tout en affirmant son autorité. Reste à savoir si cette stratégie graduelle suffira à inverser durablement le rapport de force face à des groupes armés toujours capables de frapper.






























