Une cour d’appel fédérale américaine a restreint l’accès à l’avortement dans tout le pays en interdisant l’envoi postal de la mifépristone, l’un des médicaments les plus utilisés dans le cadre des avortements médicamenteux.
Cette décision est l’une des plus importantes sur le droit à l’avortement depuis l’arrêt Dobbs de la Cour suprême en 2022, qui avait révoqué la protection fédérale du droit à l’avortement établie par Roe v. Wade. Avec l’arrêt Dobbs, la question avait été renvoyée aux États. Cette nouvelle décision de cour d’appel intervient au niveau fédéral, affectant potentiellement l’ensemble du territoire américain, y compris les États qui avaient protégé ou élargi l’accès à l’avortement depuis 2022.
La mifépristone est le médicament utilisé dans environ 63 % des avortements pratiqués aux États-Unis. L’interdire par voie postale est particulièrement significatif dans les zones rurales, où les cliniques sont souvent distantes de centaines de kilomètres et où la consultation médicale par téléconsultation suivie d’une délivrance par courrier constituait parfois la seule option accessible pour les femmes à faibles revenus.
Cette décision s’inscrit dans un contexte politique américain de plus en plus tendu sur les questions de droits reproductifs. Avec une Cour suprême à majorité conservatrice et une administration Trump qui a nommé plusieurs de ses juges, le terrain judiciaire est devenu l’un des champs de bataille principaux de ce débat sociétal.
Pour les femmes qui vivaient dans des États où l’avortement chirurgical était déjà illégal ou très restreint et qui comptaient sur la mifépristone par courrier pour exercer leur droit à disposer de leur corps, cette décision est une nouvelle restriction à une liberté qu’elles croyaient encore avoir.





























