Une semaine après le 25 avril. Le Mali tente de reprendre souffle dans un contexte de choc encore palpable. Les détonations se sont tues dans la plupart des villes, mais la psychologie du pays a changé.
Au Mali, la chute de Kidal et les critiques contre l’Africa Corps fissurent le récit d’une Russie protectrice. Cette fissure narrative est peut-être aussi grave que la perte territoriale elle-même. Le régime Goïta avait construit une large part de sa légitimité sur l’argument que la Russie, contrairement à la France, restait et protégeait. Kidal perdu, l’Africa Corps en retraite vers Tessalit : l’argument s’effondre.
Les attaques du 25 avril ont révélé quelque chose que les analystes savaient mais que le régime refusait d’admettre : la sécurisation du territoire malien ne peut pas reposer sur des mercenaires étrangers, fussent-ils russes. Elle requiert une armée nationale professionnelle, réformée, bien commandée, jouissant de la confiance des populations locales. Rien de cela ne peut s’improviser en quelques semaines.
L’Union européenne, de son côté, a tenu des consultations discrètes sur la situation malienne, cherchant à identifier des interlocuteurs au sein de la junte qui pourraient être plus ouverts au dialogue. Ces approches semblent difficiles dans un contexte où la junte perçoit toute ouverture vers l’Occident comme une capitulation.
Le couvre-feu a été levé à Bamako mais l’atmosphère reste lourde. Les marchés ont rouvert, les voitures circulent, mais les conversations dans les taxis sont feutrées et les gens regardent le ciel avec une inquiétude nouvelle. Le Mali n’est plus seulement un pays en guerre dans le nord. Il est devenu, le 25 avril, un pays en guerre partout.






























