Le détroit d’Ormuz est devenu le baromètre du monde. Quand il s’ouvre un peu, les marchés respirent. Quand il se referme, la planète retient son souffle. Ce 29 avril, l’Iran a décidé d’en resserrer encore l’étreinte.
L’Iran a annoncé avoir saisi deux navires dans le détroit d’Ormuz, le MSC Francesca et l’Epaminondas, escortés vers l’Iran. Technomar, la société de gestion de l’Epaminondas, a déclaré que le navire avait “essuyé des tirs d’une vedette armée” au large des côtes d’Oman. Les États-Unis n’ont pas considéré ces saisies comme une violation de la trêve.
L’Iran exclut de rouvrir le détroit d’Ormuz tant que durera le blocus de ses ports par les États-Unis. Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Qalibaf a déclaré qu’un cessez-le-feu complet “n’a de sens” que s’il n’est pas violé par le blocus américain.
La capacité de l’Iran à restreindre le trafic par le détroit reliant le golfe Persique à l’océan s’est révélée être son avantage stratégique majeur. Si le cessez-le-feu signifie que les frappes aériennes ont cessé, l’impasse maritime se poursuit et pourrait s’aggraver. En l’absence d’accord diplomatique, les attaques dissuaderait probablement les navires d’essayer de passer par la voie navigable, renforçant l’étouffement de l’approvisionnement énergétique mondial.
Le coût humain de cette guerre reste très difficile à établir. Plusieurs milliers de morts sont documentés, et presque un million de personnes ont été déplacées. Les images diffusées par les belligérants omettent systématiquement de montrer les blessés et les victimes civiles.
Ce que dit cette situation soixante jours après le début du conflit, c’est que le statu quo actuel, cessez-le-feu aérien mais blocus naval maintenu n’est pas viable sur le long terme. C’est un équilibre instable que la saisie de deux cargos vient de fragiliser un peu plus. Les marchés le savent. Les diplomates le savent. Mais personne n’a encore trouvé la sortie de secours de ce labyrinthe.





























